Pourquoi enrichir votre vocabulaire?

Les gens se demandent souvent sur quels critères un manuscrit est évalué lorsqu’il passe entre les mains d’un éditeur. Évidemment, il y en a plusieurs: l’originalité de l’histoire, la complexité des personnages, la cohérence du récit, etc.

Un de ces critères est bien sûr la qualité de la langue. Cela passe autant par l’orthographe, la grammaire ou la syntaxe. Mais aussi, par la richesse et la variété de votre vocabulaire. En effet, la majorité des éditeurs, en plus d’accorder une grande importance à la qualité de la langue, sont généralement allergiques aux répétitions dans un texte.

Et par répétitions, on parle autant de mots de même famille (comme voisin, voisinage ou avoisiner, par exemple) que d’expressions (souvent qualifiées de tics de langage). Un vocabulaire pauvre et restreint peut nuire grandement à un texte, même si l’histoire est de qualité.

On ne construit pas une maison avec deux ou trois outils. De la même façon, on ne raconte pas une histoire avec une faible variété de mots. Les mots sont vos outils.

Une erreur que plusieurs auteurs en herbe commettent est donc de sous-estimer l’importance d’avoir un vocabulaire varié. Celui-ci doit, autant que possible, être riche, diversifié et précis. Il est donc important, pour améliorer la qualité de votre écriture, d’enrichir votre vocabulaire.

Comment faire?

Privilégiez les synonymes. Faites attention de ne pas réutiliser les mêmes termes trop souvent. N’hésitez pas à ouvrir votre dictionnaire ou à fouiner sur internet pour trouver des synonymes ou des mots semblables. Par exemple:

  • Pour voiture: auto, véhicule.
  • Pour maison: demeure, résidence, bâtiment, foyer.
  • Pour tête: crâne, front (pour la partie du corps); cerveau, cervelle, matière grise (pour l’organe); esprit, intelligence, intellect, mémoire (de manière figurée).

Favorisez l’emploi de mots précis. Évitez les mots trop flous, au sens trop général. Voici quelques exemples de ces mots et expressions, très souvent utilisés par les auteurs qui débutent, et dont il vaut mieux limiter l’usage autant que possible.

  • ça, cela
  • chose, truc, machin
  • dire
  • faire
  • être
  • genre de (ou sorte de, espèce de)
  • il y a (ou il y avait)

Des exemples?

Comme dit précédemment, essayer de varier les termes employés. Vous pouvez trouver un autre mot dont le sens est semblable, prendre une expression remplaçant le mot en question ou choisir un terme plus précis selon le contexte de votre scène. Une autre possibilité et de simplement supprimer le mot du texte. En effet, il n’est pas rare que des auteurs répètent certains termes inutilement. Parfois, la simplicité est de mise.

En ce qui a trait aux mots cités plus haut, voici, à titre d’exemple, quelques synonymes concernant les verbes «dire» et «faire», qui figurent certainement parmi les plus employés. Pourtant, il existe un grand nombre de synonymes, souvent plus précis.

Pour dire: affirmer, annoncer, déclarer, discuter, échanger, lancer, plaider, prétendre, renchérir, répliquer, répondre, rétorquer, riposter, soupirer, soutenir.

Pour faire: accomplir, concevoir, concocter, créer, effectuer, exécuter, fabriquer, inventer, opérer, préparer, produire, réaliser.

Des outils pour vous aider

Pour détecter les répétitions

Il existe des sites web et des outils pour les dénicher, tels que repetition-detector.com.

Si vous avez le logiciel Antidote, celui-ci vous permet aussi de détecter les répétitions lorsque vous avez recours au correcteur.

Pour trouver des synonymes

Dans Word: dans l’onglet Révision, vous avez accès à un dictionnaire de synonymes. Il suffit de sélectionner le mot pour lequel vous cherchez un synonyme et il vous en proposera. Vous pouvez également faire un clic de droite sur le mot visé et sélectionner «Synonymes» dans le menu qui s’ouvrira. Cette fonction est un peu limitée, mais si vous n’avez pas d’autres outils sous la main, cela devrait convenir.

Dans Antidote: dans les fonctionnalités du logiciel se trouve un dictionnaire de synonymes. Il suffit d’y inscrire le mot pour lequel vous désirez des suggestions. Celui-ci est assez bien fait, car il regroupe les synonymes selon le sens recherché, puisqu’un mot peut en avoir plusieurs et que tous les synonymes ne conviennent pas en toutes circonstances.

Sur le web: il y a plusieurs sites sur lesquels vous pouvez rechercher des synonymes. Synonymo.fr, synonymes.com, larousse.fr, linternaute.fr, etc. Bien que ces outils soient parfois limités, ils peuvent tout de même être utiles.

Derniers conseils

Attention à la façon dont vous utilisez les mots et les expressions.

Oui, il est bon d’avoir un vocabulaire riche et diversifié. Mais ne tentez pas d’épater la galerie en intégrant plein de mots savants ou élégants qui pourraient rendre votre texte hermétique ou incompréhensible. Attention aussi à ne pas utiliser des mots à tort et à travers.

Un seul mot peut contenir des diversités de nuances et il faut l’employer correctement si on veut obtenir le sens voulu ou l’effet recherché. Il faut choisir les mots et leurs synonymes de manière juste. De plus, nombre d’auteurs se servent de termes ou d’expressions sans en saisir réellement le sens ou en le faisant de manière approximative et commettent des erreurs qui n’échapperont pas aux éditeurs.

Détail en passant, dans le logiciel Antidote, n’hésitez pas à vérifier les locutions et les cooccurrences d’un mot afin de vérifier les expressions acceptées. Cela peut vous être utile.

Rappelez-vous: les éditeurs en ont vu d’autres. Ils savent déceler lorsqu’un auteur ne cherche qu’à insérer des mots alambiqués dans son texte dans le seul but de faire joli, mais qui ne veulent rien dire. Ils remarquent aussi lorsqu’un auteur emploie des expressions de manière inadéquate.

Assurez-vous donc de bien comprendre et de maîtriser les termes que vous employez. Faites preuve de discernement lorsque vous choisissez vos mots.

Sur ce… bonne écriture!

 

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La réécriture

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
Boileau, L’Art poétique

Qu’est-ce que c’est?

La toute première version d’un texte s’appelle « premier jet ». Car ce dernier ne sera jamais parfait du premier coup. Un écrivain ne publiera donc pas son texte tel quel. Pas plus qu’il n’enverra ce dernier à son éditeur sans l’avoir corrigé et retravaillé.
Mais, l’aspect à retenir est qu’il ne s’agit pas d’une simple relecture ou l’on se contente de corriger les fautes d’orthographe ou de grammaire. Il s’agit, bien souvent, d’une lecture approfondie ou l’on est à l’affût des longueurs à éliminer, des scènes au potentiel mal exploité, des passages manquant de clarté, des scènes à déplacer ou à élaguer, des trous dans l’intrigue, des informations oubliées, des problèmes de cohérence, des nœuds non résolus dans l’histoire, etc.
En revoyant son texte sous un regard neuf et en prenant du recul, l’auteur peut souvent dénicher les défauts du texte qu’il ne pouvait pas voir au moment de l’écriture. C’est une étape essentielle, mais parfois mal connue du processus d’écriture d’une œuvre.

Quand fait-on la réécriture?

Généralement, elle se fait lorsque le premier jet est terminé. Souvent, il vaut mieux laisser reposer le manuscrit un peu, lorsqu’il est fini, avant d’y replonger. Certains auteurs vont même attendre jusqu’à plusieurs jours ou plusieurs semaines avant de retoucher à leur texte. Cependant, certains corrigent carrément leur texte au fur et à mesure qu’ils l’écrivent et font une relecture un peu moins fouillée par la suite.

Comment fait-on?

Il n’y a pas une seule méthode pour procéder. Plusieurs auteurs vont imprimer leur texte pour le relire, car relire leur manuscrit sur papier plutôt que sur l’écran permet parfois de voir ce dernier autrement. Certains auteurs utilisent également des logiciels de correction tels qu’Antidote comme complément à la relecture. Il n’y a pas qu’une façon de le faire, il suffit de prendre du recul et se relire en gardant l’esprit ouvert au changement.

Quand est-ce le temps d’arrêter?

Les auteurs ont souvent cette particularité d’être perfectionnistes et de vouloir retravailler et corriger leur texte sans fin. Une question souvent posée est : quand saurai-je que c’est le moment d’arrêter (et incidemment, d’envoyer mon texte à un éditeur)?
Je réponds souvent à la blague : quand vous ne pouvez plus voir votre texte en peinture et que vous avez juste envie de le lancer au bout de vos bras!
Bien qu’il n’y ait pas un indice précis permettant de répondre à cette question, quelques signes peuvent vous aider. Si vous en êtes rendus à recorriger les mêmes passages ou les mêmes scènes, encore et encore; si vous en êtes rendus à corriger des détails comme des virgules par-ci par-là (alors que vous l’avez déjà fait), que vous doutez de tout, que ne savez plus ou vous en êtes, bref, si vous avez pas mal tout relu et que vous êtes dans la répétition et le fin, fin détail, il est peut-être temps de lâcher le morceau et de faire lire votre texte par quelqu’un d’autre.

Je croyais que l’éditeur faisait déjà ce travail?

Oui. Cependant, sachez que les éditeurs reçoivent énormément de manuscrits. Plusieurs centaines par année. Là-dessus, entre 1% et 3% (les chiffres varient selon les sources) finissent par être publiés. Votre texte devrait donc être le plus parfait possible. Moins il restera de fautes et de défauts dans l’histoire, plus votre texte a des chances d’être publié. Il est donc extrêmement important de perfectionner votre manuscrit autant que possible avant de l’envoyer à un éditeur.