L’ambiance

Un aspect dont on parle peu dans l’écriture est à quel point l’ambiance peut être importante dans un texte.
Certains textes s’y prêtent peut-être plus que d’autres, cela dit.

Mais qu’est-ce que l’ambiance, exactement?

Une des définitions que j’aime bien est celle-ci:

« Atmosphère matérielle ou morale qui environne une personne ou une réunion de personnes. »

La définition est intéressante et démontre à quel point décrire une atmosphère peut être tout un défi.
Mais d’abord, à quoi celle-ci peut-elle servir?
En gros, à « mettre la table ». Que ce soit un roman d’horreur, un polar, une romance, une comédie, un drame psychologique, il est essentiel que le lecteur sente rapidement dans quel type d’histoire il va embarquer.
L’ambiance (ou l’atmosphère, si vous préférez) sert à susciter des émotions chez le lecteur et à le plonger dans un état émotif qui le préparera pour la suite des choses.

Comment faire?

Demandez-vous quels genres d’émotions vous voulez faire vivre au lecteur, ce que vous désirez lui faire ressentir et vers quoi vous voulez l’amener. Cela sera déterminant.
Ensuite, le vocabulaire que vous utiliserez est crucial. Évitez d’utiliser des termes neutres, sans charge émotive, car (je le répète) vous devez susciter des sentiments chez le lecteur. Disons, par exemple, que vous voulez créer une atmosphère d’horreur.

Les mots que vous emploierez devront générer un sentiment de peur, d’oppression ou de dégoût chez le lecteur.
Si vous voulez, en revanche, asseoir l’atmosphère pour une scène romantique, les mots utilisé devront refléter une ambiance douce, feutrée, intime, voire sensuelle.

Pour ce faire, pensez également à exploiter les sens de vos personnages. TOUS les sens. Trop souvent, on se limite uniquement au sens de la vue en négligeant les autres.
Songez à l’éclairage. Sera-t-il cru ou tamisé? Aux néons qui clignotent ou aux bougie? Y a-t-il des craquements inquiétants, des bourrasques de vent hurlantes? Ou alors, de la musique relaxante?

Songez aussi aux odeurs: y a-t-il un doux parfum dans l’air ou des effluves pestilentiels? N’oubliez pas le sens du toucher également avec les textures, la chaleur ou le froid. Et pourquoi pas, même le goût?

Les actions des personnages, leurs réflexions et leurs sentiments contribuent également à instaurer l’atmosphère que vous allez créer. Ils ne sont pas à négliger. Se sentent-ils anxieux, effrayés, voire terrifiés? Ou au contraire confortables et détendus?

Enfin, lorsque vous parlez des réactions et émotions des personnages, n’oubliez pas que ceux-ci ont eu effet sur le corps, pas juste l’esprit.
Un personnage terrifié aura peut-être des frissons dans le dos, de la sueur sur les tempes, le cœur qui bat la chamade, les mains qui tremblent. Un autre qui sera relax respirera peut-être lentement, sera envahi d’une douce chaleur dans le ventre, se sentira peut-être même somnolent, etc.

En gros, l’ambiance prépare votre lecteur, par le biais des sensations et des émotions, à ce qui aura lieu par la suite.
Ceci dit, il n’est pas nécessaire de mettre de l’atmosphère partout dans le texte. En faire trop peut alourdir la lecture et noyer le lecteur. Cependant, lors de scènes clés, elle peut être importante.
L’ambiance est un peu comme le sel dans une recette: il faut en saupoudrer juste assez.

La routine d’écriture

S’il y a une question qui revient souvent, quant à la méthode utilisée par les auteurs, c’est bien sur la fameuse routine d’écriture.

Y a-t-il une méthode privilégiée, voire infaillible? Y a-t-il une façon de débloquer les torrents de la création littéraire?

En réalité, il faut savoir qu’il n’y a pas qu’une seule manière de procéder. Il n’existe aucune formule magique ni recette à suivre pour créer, que ce soit en écriture ou même tout autre discipline artistique.

En revanche, s’il y a une chose qui revient presque toujours, et ce, dans pratiquement tous les domaines artistiques, c’est le besoin « d’être dans sa bulle ». Mais comment s’assurer d’avoir cette bulle, s’il n’existe pas de méthode miracle?

Il y a tout de même plusieurs conditions qui peuvent être réunies afin de faciliter le travail d’écriture. L’important, c’est surtout de se connaître soi-même et de découvrir ce qui marche pour soi.

Mais à quoi ça ressemble, une routine d’écriture? Que faut-il faire pour en développer une? Voici cinq éléments à connaître et qui peuvent vous aider :

 

1. Le moment

Certains créent plus facilement le matin et vont jusqu’à se lever à l’heure de poules pour être en pleine forme et commencer la journée par une bonne séance d’écriture.

D’autres, en revanche, privilégient le soir, quand tout est calme et que leur journée est terminée. Certains allèguent même qu’ils écrivent mieux lorsqu’ils sont un peu fatigués, car ils se censurent moins. Et pour certains, l’heure de la journée n’a aucun impact sur la création.

 

2. Le lieu

Bien que certains auteurs écrivent dans des cafés avec leur portable, que certains le fassent dans leur bureau ou que d’autres écrivent sur la table de la salle à manger, la plupart ont quelque chose en commun: ils le font dans un endroit où ils n’auront pas trop de distractions.

D’abord, il est parfois tentant, lorsque c’est le moment de s’asseoir devant l’écran, de commencer une brassée de lessive ou de vaisselle. Parfois, les enfants ont mille et une demandes, le téléphone se met à sonner…

Bref, les distractions sont probablement les pires ennemis de la création artistique. Ce n’est pas pour rien que bien des artistes s’isolent quand vient le temps de créer.

Il est donc important de trouver un endroit où l’on sera tranquille, quel qu’il soit.

 

3. La nourriture et la boisson

Certains auteurs – comme moi – sont friands de café et ne peuvent imaginer écrire sans cette boisson. D’autres préfèrent nettement le thé. Certains n’ont aucunement besoin de cela. Et si certains auteurs ont déjà écrit sous l’effet de l’alcool ou des substances illicites, disons que ce n’est pas nécessairement recommandé. Je vous suggère vraiment de trouver d’autres méthodes moins dommageables.

 

4. La régularité

Une autre condition importante pour aider non seulement l’écriture, mais aussi l’instauration d’une routine, est la régularité. Quand on s’installe devant son ordinateur (ou son carnet de notes ou tout ce qui vous convient), on a souvent besoin d’une certaine période pour s’immerger à nouveau dans notre œuvre et « redémarrer la machine », en quelque sorte. Un peu comme une période d’échauffement avant l’exercice. Mais plus on écrit souvent, plus il devient facile d’écrire. Il est donc important d’écrire souvent, tous les jours, si possible. Même si c’est pour une courte période.

À l’inverse, plus les délais entre chaque séance d’écriture sont longs, plus il devient difficile de repartir d’où on était, se replonger dans sa bulle et écrire. Donc, établir un horaire régulier, même si ce n’est que pour des périodes de 30 minutes, par exemple, est recommandé.

 

5. Déconnectez-vous!

J’ai déjà abordé le sujet de l’absence de distractions plus tôt. Ça inclut TOUTES les distractions numériques également. Cachez votre cellulaire, mettez-le en mode silencieux ou éteignez-le carrément si vous le pouvez.

N’allez pas naviguer sur internet, sauf si c’est pour faire une recherche absolument essentielle à votre histoire et qui aura une incidence majeure sur celle-ci dès le moment où vous l’écrivez. Et surtout, tenez-vous loin des réseaux sociaux! Il existe même certains logiciels et applications qui les bloquent carrément sur votre ordinateur. Bref, bannissez tout ça!

 

Bien sûr, il existe d’autres trucs qui peuvent vous aider aussi. Certains auteurs portent des vêtements confortables pour écrire, d’autres partent carrément en isolation dans un chalet éloigné, certains font des pauses avec des promenades régulières. Certains utilisent la méthode Pomodoro, que vous pouvez voir ici. Il n’est pas nécessaire d’aller jusque-là, mais vous voyez le topo.

Et comme je disais, l’important est de savoir ce qui vous convient à vous. Quitte à y aller par la méthode essai-erreur avant de trouver la bonne.

Et enfin… un dernier truc en bonus que je dis tout le temps aux futurs auteurs : persévérer, persévérer, persévérer!

 

Photo: Pexels

La réécriture

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
Boileau, L’Art poétique

Qu’est-ce que c’est?

La toute première version d’un texte s’appelle « premier jet ». Car ce dernier ne sera jamais parfait du premier coup. Un écrivain ne publiera donc pas son texte tel quel. Pas plus qu’il n’enverra ce dernier à son éditeur sans l’avoir corrigé et retravaillé.
Mais, l’aspect à retenir est qu’il ne s’agit pas d’une simple relecture ou l’on se contente de corriger les fautes d’orthographe ou de grammaire. Il s’agit, bien souvent, d’une lecture approfondie ou l’on est à l’affût des longueurs à éliminer, des scènes au potentiel mal exploité, des passages manquant de clarté, des scènes à déplacer ou à élaguer, des trous dans l’intrigue, des informations oubliées, des problèmes de cohérence, des nœuds non résolus dans l’histoire, etc.
En revoyant son texte sous un regard neuf et en prenant du recul, l’auteur peut souvent dénicher les défauts du texte qu’il ne pouvait pas voir au moment de l’écriture. C’est une étape essentielle, mais parfois mal connue du processus d’écriture d’une œuvre.

Quand fait-on la réécriture?

Généralement, elle se fait lorsque le premier jet est terminé. Souvent, il vaut mieux laisser reposer le manuscrit un peu, lorsqu’il est fini, avant d’y replonger. Certains auteurs vont même attendre jusqu’à plusieurs jours ou plusieurs semaines avant de retoucher à leur texte. Cependant, certains corrigent carrément leur texte au fur et à mesure qu’ils l’écrivent et font une relecture un peu moins fouillée par la suite.

Comment fait-on?

Il n’y a pas une seule méthode pour procéder. Plusieurs auteurs vont imprimer leur texte pour le relire, car relire leur manuscrit sur papier plutôt que sur l’écran permet parfois de voir ce dernier autrement. Certains auteurs utilisent également des logiciels de correction tels qu’Antidote comme complément à la relecture. Il n’y a pas qu’une façon de le faire, il suffit de prendre du recul et se relire en gardant l’esprit ouvert au changement.

Quand est-ce le temps d’arrêter?

Les auteurs ont souvent cette particularité d’être perfectionnistes et de vouloir retravailler et corriger leur texte sans fin. Une question souvent posée est : quand saurai-je que c’est le moment d’arrêter (et incidemment, d’envoyer mon texte à un éditeur)?
Je réponds souvent à la blague : quand vous ne pouvez plus voir votre texte en peinture et que vous avez juste envie de le lancer au bout de vos bras!
Bien qu’il n’y ait pas un indice précis permettant de répondre à cette question, quelques signes peuvent vous aider. Si vous en êtes rendus à recorriger les mêmes passages ou les mêmes scènes, encore et encore; si vous en êtes rendus à corriger des détails comme des virgules par-ci par-là (alors que vous l’avez déjà fait), que vous doutez de tout, que ne savez plus ou vous en êtes, bref, si vous avez pas mal tout relu et que vous êtes dans la répétition et le fin, fin détail, il est peut-être temps de lâcher le morceau et de faire lire votre texte par quelqu’un d’autre.

Je croyais que l’éditeur faisait déjà ce travail?

Oui. Cependant, sachez que les éditeurs reçoivent énormément de manuscrits. Plusieurs centaines par année. Là-dessus, entre 1% et 3% (les chiffres varient selon les sources) finissent par être publiés. Votre texte devrait donc être le plus parfait possible. Moins il restera de fautes et de défauts dans l’histoire, plus votre texte a des chances d’être publié. Il est donc extrêmement important de perfectionner votre manuscrit autant que possible avant de l’envoyer à un éditeur.